Aurélie Lévêque

Découvrez le parcours de la patineuse, championne d’Europe de short-track en relais féminin, engagée aux Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina 2026, et agent de vente à la gare de Villefranche-de-Conflent depuis le 1er janvier 2026.

Sa carrière

Partie d’échecs sur glace

Tourner en rond n’empêche pas d’aller loin. Aurélie Lévêque en est la preuve. Sa passion ? Patiner autour d’un anneau glacé de 111 mètres de circonférence, à parfois plus de 50 km/h, et tenter de terminer devant ses concurrentes. Le short-track, ou patinage de vitesse sur piste courte, nécessite explosivité et stratégie. « Ça n’est pas qu’une affaire de puissance, abonde l’athlète de 24 ans, il faut aussi avoir une stratégie de course et savoir la dérouler en évitant les chutes. »

Cinq à huit patineuses s’affrontent dans un ballet millimétré, entre équilibre précaire et partie d’échecs sur glace. Aurélie Lévêque y excelle très tôt. Pour l’une de ses premières compétitions internationales avec l’équipe de France, en 2021, elle devient championne d’Europe du relais 3 000m, à Gdansk, en Pologne. Quoi de plus naturel que de faire briller le drapeau tricolore pour celle qui est née un 14 juillet à Grenoble. La jeune Aurélie grandit au pied des massifs de la Chartreuse, du Vercors et de Belledonne. De quoi avoir un avenir de skieuse tout tracé ? « Je n’ai dû skier que deux fois dans ma vie, mon truc, c’était plus la patinoire », sourit-elle.

Talentueuse casse-cou

Elle découvre la glisse sur glace au gré des sorties scolaires à la patinoire. Plus casse-cou que figures imposées du patinage artistique, l’écolière devenue collégienne se dirige vers le short-track : « Faire la course, les dépassements, la sensation de vitesse, la technique… Ça m’a tout de suite emballée ! » Murielle Audemard, professeure d’éducation physique et sportive d’Aurélie Lévêque et présidente du Club de Glace de l’Amicale Laïque d’Échirolles (CGALE), sent le potentiel de la jeune patineuse et l’incite à pousser les portes du club. « Je me donnais à 100 %, j’avais vraiment la flamme et de l’explosivité », explique-t-elle.

Au CGALE, Aurélie Lévêque progresse techniquement mais apprend surtout à penser la course. Observer, s’adapter, anticiper, exécuter. Les podiums s’enchaînent au niveau national. Elle se frotte ensuite au niveau européen lors de compétitions aux Pays-Bas et en Italie, deux places fortes d’une discipline encore discrète en France.

L’idole devenue partenaire

À mesure que les distances s’allongent, Aurélie Lévêque affirme son potentiel. 500 m, 1 000 m, 1 500 m. En 2017, ses performances au Festival olympique d’hiver de la jeunesse à Erzurum confirment ses ambitions. À 17 ans, elle quitte l’Isère pour intégrer le pôle France de Font-Romeu et découvre les exigences du très haut niveau. Les journées s’organisent entre cours et double entraînement. La famille, elle, attend les vacances scolaires.

Baccalauréat Sciences et technologies du management et de la gestion (STMG) en poche, Aurélie Lévêque rejoint l’équipe de France à 19 ans. Elle y retrouve son idole de jeunesse, Aurélie Monvoisin. Ensemble, elles remportent les championnats d’Europe par équipes dès sa première compétition seniors, avant une médaille d’argent mondiale en relais féminin à Dordrecht, au Pays-Bas.

TikTok et Jeux olympiques

« Quand j’y repense, ça reste des moments assez fous », témoigne Aurélie Lévêque. « Mais je crois que mon plus beau souvenir, c’est la qualification aux Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina 2026 », ajoute-t-elle. Engagées dans un relais féminin français renouvelé et assez jeune, Aurélie Lévêque et ses coéquipières sont allées chercher leur ticket olympique lors de la dernière épreuve qualificative, en décembre 2025. « On a mené notre course d’une main de maître et les équipes contre lesquelles on a bataillé sont tombées », explique-t-elle, avant de poursuivre : « Quand je me revois quatre ans en arrière, je ne pensais pas arriver à ce niveau aujourd’hui. Je suis super fière, ça valide pas mal de sacrifices, dont le choix de m’entraîner en Italie, à Bormio, pour préparer au mieux l’événement. »

Un quotidien d’athlète de haut niveau que la patineuse partage au jour le jour sur TikTok « pour faire connaître (son) sport », mais aussi « parler librement, développer (son) côté créatif et prendre confiance ». Aurélie Lévêque y livre les dessous méconnus du short-track, comme la préparation de son principal outil de travail : ses patins, en carbone et sur mesure, à 2 500 euros la paire.

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Patineuse et agent de vente

Reste que, malgré l’aide de la Fédération française des sports de glace, financer un quotidien d’athlète de haut niveau n’est pas chose aisée dans un sport qui n’est pas professionnel en France. C’est lors d’une session de tests physiques, organisée à l’INSEP à l’aune de sa saison 2025, qu’Aurélie Lévêque entend parler de l’existence du Dispositif Athlètes SNCF. « Je ne connaissais pas du tout ce principe de convention d’insertion professionnelle, ni l’aménagement de mon temps de travail en fonction de mon calendrier sportif. J’ai postulé directement ! », s’enthousiasme la native de Grenoble.

À la suite d’une série d’entretiens, Aurélie Lévêque intègre finalement le Dispositif Athlètes SNCF le 1er janvier 2026 et signe un contrat d’agent de vente à la gare de Villefranche-de-Conflent, en Occitanie. « Outre la tranquillité d’esprit que m’offre le dispositif, conclut Aurélie Lévêque, c’est aussi une opportunité professionnelle pour moi, à 24 ans, comme jeune active, d’évoluer dans un groupe où les perspectives d’évolution sont réelles et les métiers très variés pour l’après short-track. »

Son palmarès