
La résilience, pilier de notre stratégie patrimoniale
Canicules et incendies records ont marqué l’été 2026. Face à ces aléas, le secteur immobilier doit changer de paradigme dans sa manière d’aborder son adaptation aux risques climatiques, estime Franck Lirzin, directeur stratégie, clients et maîtrise d'ouvrage de SNCF Immobilier, dans un entretien à Business Immo.
Privilégier la sécurité
Quelque 8 millions de m2 répartis sur 25 000 bâtiments, dont 100 000 logements et des bureaux et bâtiments accueillant 150 000 collaborateurs : le patrimoine immobilier du groupe SNCF est conséquent. Or, en tant que bailleur, « il est de notre responsabilité de fournir à ces occupants un cadre de vie ou de travail résilient face aux changements climatiques », rappelle Franck Lirzin.
Si l’industrie immobilière s’est engagée depuis dix ans en matière d’atténuation et a mené des études d’impact, les événements climatiques de l’été 2026 accélèrent la prise de conscience quant aux risques majeurs que les ces aléas représentent pour la santé des personnes et la sécurité des infrastructures.

8 M
de m2, c’est ce que représente le patrimoine immobilier du Groupe

Soit
25 000
bâtiments

Et
100 000
logements
S’adapter à ce qui n’a pas encore été vécu
Selon Franck Lirzin, le principal risque actuel vient du fait que les réglementations sont calibrées sur les événements climatiques passés, telle la canicule de 2003. Or, « la réalité climatique ne nous attend pas et est assez imaginative. Il est donc important de cranter sur le risque maximal », affirme-t-il. Par exemple, il ne s’agit plus de calibrer les systèmes de climatisations sur une température extérieure maximale de 40 degrés, car, dans quelques décennies, les températures dépasseront très probablement les 45 degrés.
La réalité climatique ne nous attend pas et est assez imaginative. Il est donc important de cranter sur le risque maximal.
Directeur stratégie, clients et maîtrise d'ouvrage de SNCF Immobilier
Arbitrer entre les priorités
« Il faut prendre conscience qu’on ne pourra pas tout protéger », pour Franck Lirzin. Préparer les bâtiments aux risques extrêmes exige des chantiers lourds et coûteux, et représente donc des investissements conséquents. D’où la nécessité de fixer un ordre de priorité dans les actions d’adaptation à mener.
Il s’agit d’abord de protéger les personnes, que ce soit au bureau, dans les lieux d’activité et les logements, et ensuite les éléments d’infrastructure critiques. À titre d’exemple, un poste électrique est plus vulnérable face à une inondation potentielle. Franck Lirzin : « on ne pourra pas automatiser les 25 000 bâtiments du groupe SNCF face à la canicule, donc il faudra cibler les plus stratégiques ».
Aborder l’adaptation de façon patrimoniale
Si l’adaptation ne suit pas un modèle économique clair, contrairement à la décarbonation, qui permet, par exemple, de faire baisser les factures énergétiques, il s’agit de comparer le coût de l’adaptation avec l'impact sur l’activité que représenterait, par exemple, l’impossibilité d’utiliser un bâtiment pendant une partie de l’année car les températures y sont trop élevées.
C'est pourquoi il faut intégrer l’adaptation dans les projets existants, par exemple en prévoyant de la peinture blanche et de la végétalisation lors de travaux de réfection. Mieux, Franck Lirzin recommande de considérer l’adaptation « comme un investissement de long terme qui viendra protéger la valeur du patrimoine ». Car, de même que la performance énergétique d’un bâtiment pèse de plus en plus dans sa valorisation, l’estimation du prix d’un actif immobilier risque d’être de plus en plus liée à sa résilience climatique.
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