« Nous servons d’exemple aux autres réseaux de mixité »

Comment un réseau d’entreprise peut-il œuvrer pour l’égalité professionnelle ? Pour Assia Benziane, présidente de SNCF Mixité, c'est en se mettant au diapason de la société qu’on fait bouger les lignes. Violences sexistes et sexuelles, diversité, parentalité, santé… Les sujets sur lesquels s’engage le 1ᵉʳ réseau de mixité en France ne manquent pas. Interview. 

Assia Benziane

Quand avez-vous rejoint le réseau SNCF Mixité ?

J’ai contacté la présidente du réseau - Francesca Aceto, en 2017 - pour lui signaler le faible nombre de vestiaires pour femmes dans l’établissement dans lequel j’exerçais le poste d’ASCT (Agent du Service Commercial Train). Elle a profité de cette conversation pour m’expliquer que le réseau était ouvert aux non-cadres, j’y ai vu l’opportunité de le rejoindre. Depuis mon adhésion, je constate les atouts : cultiver sa confiance en soi, rencontrer les membres du réseau, participer à des actions concrètes pour la mixité au sein de l’entreprise. SNCF Mixité est aussi un espace pour souffler et pour s’ouvrir à d’autres réalités, c’est utile et enrichissant.

À quelles actions avez-vous participé ?

J’ai commencé par des actions de terrain, comme la tournée du Train SNCF au Féminin (ndlr : ancien nom du réseau), puis je me suis donc tournée vers le mentorat proposé par le réseau. 
Par ailleurs, sur le sujet des violences sexistes et sexuelles en France, je prends soin depuis le début de contribuer au débat, j’estime que le réseau peut réellement être utile pour faire bouger les lignes sur ces questions. 

Quelles sont vos ambitions en tant que présidente ?

Je souhaite qu’on travaille sur des sujets qui résonnent avec ce qu’il se passe dans la société. Par exemple, on va organiser avec Optim’ Services une journée dédiée à la ménopause. Aujourd'hui, ses effets sur la santé des femmes sont médiatisés, mais au sein de l’entreprise, c’est un sujet encore absent. En novembre 2025, une table ronde sera ainsi organisée avec des experts, ainsi que des ateliers. SNCF Mixité offrira une thérapie digitale aux salariées du groupe SNCF pour les accompagner pendant la périménopause et la ménopause. Il faut que ce sujet cesse d’être tabou, tout comme l’endométriose, les règles douloureuses, le SOPK1, mais aussi, l’adoption, la PMA, le deuil périnatal, l’andropause… SNCF Mixité abordera l’ensemble de ces sujets, car notre vie privée, qu’on le veuille ou non, impacte notre manière de travailler. 

Je souhaite que le réseau travaille sur des sujets qui résonnent avec ce qu’il se passe dans la société.

Assia Benziane

Présidente de SNCF Mixité

Pourquoi aborder ces sujets ?

Vie personnelle et vie professionnelle sont liées. Nous sommes des milliers de femmes et d’hommes dans l’entreprise à être, par exemple, concernés par la parentalité. Il est donc important que le réseau serve aussi à informer. En tant qu’ancienne RET (Responsable d'Équipe Train), j’ai pu mesurer, au sein de mon équipe, combien ce partage d’informations était essentiel, et combien il aide les collaboratrices dans leur vie de tous les jours. En tant que Groupe, on doit être à l’écoute de la société, d’autant plus que SNCF Mixité sert d’exemple pour les autres réseaux de mixité. Or, aujourd’hui, ce qui émerge, ce sont les sujets autour de la santé.

Quelle place est accordée aux membres masculins ?

Ils sont systématiquement inclus dans l'ensemble de nos activités et conférences tout au long de l’année. Il y a, à ce jour, 26% d’hommes parmi les presque 14 000 membres du réseau SNCF Mixité. La mixité est une question humaine et non une question de genre. Par exemple, nous allons organiser Movember2 en novembre 2025. Par ailleurs, depuis mon arrivée, en février 2025, une dizaine d’ambassadeurs ont rejoint le réseau SNCF Mixité. 

Quelles autres actions sont prévues ?

Nous allons proposer de nouveaux ateliers de développement personnel, poursuivre les sessions de réalité virtuelle sur le sexisme et la diversité ou encore le harcèlement sexuel ; en outre, nous inaugurons un nouveau programme, les « rencontres inspirantes » avec des personnalités médiatiques extérieures à l’entreprise pour qu’elles évoquent leur parcours, telles que la championne olympique de sabre en 2024, Manon Apithy-Brunet, ou la dessinatrice de BD Pénélope Bagieu, l’entrepreneur Moussa Camara, Chékéba Hachemi, le pâtissier Silax, etc… J’ai conscience que l’inspiration vient de tous les parcours, il y aura donc des « rencontres inspirantes » de cheminots et cheminotes. Et puis on travaille également à réaliser une « saison 2 » d’Opti’Mixte, qui est un outil d’auto-diagnostic dans les établissements, et à relancer nos Interventions en Milieu Scolaire (IMS) qui portent sur le harcèlement dans les transports en commun. 

Travaillez-vous avec l’ensemble du groupe SNCF ?

Nous œuvrons pour l’ensemble du groupe SNCF à travers 32 ambassades, y compris dans nos filiales avec GEODIS et Keolis. Par ailleurs, j’ai conscience que notre activité s’étend à l’international, et nous sommes actuellement en réflexion pour créer une ambassade spécifique afin de répondre aux problématiques croisées au sein de ces filiales. Enfin, SNCF Mixité accroît de jour en jour son nombre d’adhérents et d’actions qui confortent notre place de premier réseau de mixité de France.